Enfin arrive le moment très attendu de récolter le résultat d’une année de travail dans nos vignes. Hier, dimanche 29 août, nous avons commencé les vendanges avec notre parcelle de grenaches, mûrs à point, qui serviront à l’élaboration de vin rosé Côtes de Provence. Nous notons 15 jours de retard par rapport au calendrier de l’an dernier, car le printemps et début d’été, anormalement frais et capricieux pour la région, avaient retardé quelque peu le cycle végétatif de la vigne.
Le millésime 2010 s’annonce très prometteur: les conditions météorologiques ont été particulièrement clémentes, des pluies régulières ont arrosé les sols en hiver et au printemps, ce qui est plutôt rare dans le Var, où nous connaissons habituellement des hivers secs; cela a permis aux nappes phréatiques de se reconstituer. Le printemps a été très venteux, ce qui a évité les départs de foyers de maladies après les pluies. Par chance, nos vignes poussent sur schistes, en coteaux, sur des sols particulièrement drainants et nous n’avons pas été touchés par les inondations catastrophiques des 15 et 16 juin, qui ont surtout sinistré les communes plus à l’est autour des Arcs sur Argens et de Draguignan (200 hectares de vignes ravagées dans ce secteur).

Au Domaine Les Maurines, nous pratiquons des vendanges manuelles ET nocturnes. Cela mérite d’être souligné, car ce n’est pas très courant. De nos jours, en France, 61 % du vignoble est vendangé à la machine.
Au Domaine Les Maurines, nous avons fait ce choix, bien que nettement plus coûteux, de pratiquer des vendanges manuelles. Pour un meilleur respect de nos vignes et de la matière première: pas de batteurs qui secouent les vignes et font éclater les grains de raisin en les faisant tomber sur le tapis mobile d’une machine à vendanger. Nos vendanges manuelles épargnent le vignoble et permettent un premier tri dès le pied de vigne, pour ne conserver que les plus belles grappes, en ne cueillant pas celles qui seraient éventuellement touchées par une maladie ou en sous-maturité.
Nous avons choisi de pratiquer nos vendanges manuelles de nuit dans l’optique de préserver le mieux possible le raisin jusqu’à la cave.
Les vendanges nocturnes permettent en effet de conserver aux grappes de raisin toute leur fraîcheur jusqu’à leur réception en cave. Elles permettent d’éviter l’oxydation du raisin due à la chaleur pendant le transport (nous n’avons pas notre propre cave et vinifions chez un tiers à 40 minutes de trajet en tracteur depuis nos vignes). Les vendanges nocturnes préservent mieux toute la subtilité des arômes et permettent d’économiser de l’énergie en utilisant moins le groupe de froid de la cave. Par ailleurs, il est plus agréable pour les vendangeurs de travailler par 20 °C que par 30 à 34 °C, température habituelle en journée fin août lors des vendanges.
Notre petite équipe de 6 vendangeurs travaille à la lampe frontale, cette année nous avons choisi comme horaires de vendanges de 4h00 du matin à 10h00 pour profiter au maximum de la fraîcheur du petit matin. Cela crée un ballet de lumières dans les vignes du plus bel effet.
Après 6 heures de vendanges, les vendangeurs partent se reposer alors que Stéphane, notre vigneron, enchaîne avec le travail en cave. Réception du raisin par gravité pour éviter les triturations qui abîmeraient les grains, éraflage, pressurage, macération de 4h à froid dans le pressoir (dans le cas du rosé comme hier). Le pressoir est alors vidé et nettoyé ainsi que le reste de la cave pour le lendemain. Jus de goutte et jus de presse seront ensuite vinifiés séparément. La journée de dimanche a commencé pour notre vigneron à 3h00 du matin pour se terminer à 22h00.
Les jours de vendanges sont fixés en fonction du degré de maturité de nos parcelles qui diffère suivant les cépages grenache, cinsault, syrah, et les parcelles. Toute la difficulté étant de vendanger des raisins parfaitement mûrs, mais pas trop, afin d’extraire toute la subtilité et la finesse des arômes sans que le vin ne devienne trop chargé en alcool.
Nous venons d’entrer dans une période de travail intense, jusqu’à ce que nos 3 cépages soient cueillis à leur parfaite maturité, et tous les jus mis en cuves séparément pour les travaux de vinification. Mais le détail du travail réalisé en cave fera l’objet d’autres billets.



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